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ECO-
FEMINISM & HYDRO-
FEMINISM

 

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Par Isabelle Gauthier, les Bloodsisters, 2000.

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Certaines pensées écoféministes évoquent la décroissance et la (re)naissance des modes de vie alternatifs comme une possible ouverture. Des femmes repensent le fait d’« habiter », et se réapproprient l’acte de faire soi-même pour s’émanciper.  Dans certains de mes travaux, j’utilise comme médium des produits de ma consommation quotidienne : cire d’épilatoire, maquillage, lessive, pilule contraceptive, je les confronte pour observer leur cristallisation et leur méthamorphose, à la vapeur décapante du purin d'ortie.

Voir : Glossy Moldy.

 

 

 

 

 

 

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"Ce n’était pas tant un retour à la terre qu’un retour sur nous- même.

Une expérience spirituelle.

C’était pour se guérir, se redécouvrir et s’affirmer.

Alors il leva une main maudite sur le ventre silencieux
De sa Mère la Terre lui infligeant des blessures d’acier,

Et il déterra, sacrilège, les trésors cachés

Qui fait parti de mon réseau ?
Qu’ est ce qui nous lie, précisement ? Autant chercher à comprendre la force qui pousse le cours d’eau à travers la roche,

qui relie les semblables
et fait s’attirer les contraires.

Qui guide le lombric sous la terre
quand le vent et la pluie érodent le sol, qui pousse la racine à résister ?

Et quelle main invisible a inscrit
son message codé dans la graine ?

Qui dirige la toile d’araignée,
et organise la stratégie de la mauvaise herbe ?

Quelle imagination a pu inventer
la révolte de l’herbe contre le ciment, Quelle force ébranle les murs

jusqu’a les fissurer, ou fait repousser les branches des arbres lorsqu’elles ont été coupées ?

Qui dissimule les passages entre la mort et la naissance ?
Qui mène la révolution de la terre ?

Accusez le ciel d’avoir fait tomber la pluie,
et contribué au débordement d’une rivière.

Demandez à une montagne de modifier son altitude,

Essayez d’empêcher une femme libre de s’exprimer.

Contrairement au folklore des zones tempérées, qui considère souvent les forêts comme des endroits sombres et dangereux, les perceptions traditionnelles des forêts dans les régions tropicales humides expriment un sentiment d’harmonie intime entre les gens et les forêts en tant qu’occupants/es à part égales d’un habitat commun, source première de la congruence entre l’être humain et la nature.

Description fonctionnelle :

- Ce qui est coupé

- Ce qui pousse sur la terre

- Ce qui a des branches

- Ce qui aspire l’eau par la racine

- Ce qui procure aux gens de la fraicheur

- Ce qui ne peut se déplacer

- Ce qui a des feuilles.

- Ceux qui portent uniquement des fruits.

- Ceux qui portent des fruits et des fleurs.

- Ceux qui meurent après la maturation des fruits.

Pashulok étant situé au pied des montagnes, là où le Gange émerge des vallées de l’Himalya, j’ai pris conscience de la manière très concrète des terribles innondations qui se déversent depuis le bassin versant du Gange. Alors que les eaux tourbillonnantes grossissaient, vinrent d’abord

des buissons et des branches ainsi que
de grands morceaux de bois puis, dans la tourmente causée par de plus en plus d’eau, arrivèrent des arbres entiers, des bovins

de toute taille et, de temps en temps, un être humain aggripé aux débris de sa hutte.

Et tu oublieras même cela.

La terre
grise, ses nausées bouillonnantes
à travers les lèvres craquelées
du sol desséché. Maria
est allongée sur son lit entourée de pleureuses,
prétendants, prêtres, fils.
Pleine d’amour,
ses mains pâles et grises
égrènent les perles l’espoir décharné des femmes
qui meurent de faim. Maria,
mère, amante, promettant des lendemains,
pour toujours.

Et tu oubliera même cela.

Ils blessent
le coeur
brûlent, percent, cognent le sein
du canal de l’amour. Ses lèvres, ses poumons se gonflent
se soulèvent, crachent.
Maria rêve
au milieu de sa douleur.
Sa peau est en feu,
ses cellules hurlent
ses aisselles luisent des charbons ardents de sa radiothérapie.
Il a apporté un rayon de soleil
comme des tournesols tombés du ciel.

Et dans les ruisseaux entourant le canal de l’amour,
ils plongeraient, a petites gorgées, profondément dans la peau l’un de l’autre. Son corps, un canal pour l’amour

scintille de douleur, suppure comme l’eau croupie.

Et tu oublieras même cela.

La Hooker Chemical Compagnie
déverse son poison, jète ses ordures

dans les veines de la terre
au canal de l’amour. Les mères boivent

à ses puits,
les enfants dorment dans l’air parfumé
des déchets enfouis, les pères stérils fredonnent des berceuses aux enfants qui ne sont pas nés. Maria se réveille
Sur son oreiller toxique
Trempé par les fluides De son corps pollué, Sa chair enflammée; Bouillonnante de douleur, comme si la terre en colère recrachait sa fièvre."

Ce texte est le support d’une performance récitée.

Il contient des extraits des textes de Rosalie Bertell, Elizabeth Carlassare, Carol P. Christ, Julie Cook, Susan Griffin, Ynestra King, Celene Krauss, Johana Macy, Carolyn Merchant, Janice Mi- rikitani, Ariel Salleh, Catriona Sandilands, Susan Saxe, Vandana Shiva.